
La clarté d'un soleil matinal m'enveloppe, tandis que le bateau dans lequel je suis, glisse alègrement sur des abîmes invisibles.
Nous nous dirigeons vers Libreville, capitale du Gabon. Après le port de Douala, l'île de Malabo, et depuis plus rien d'autre que l'océan à perte de vue. Ce voyage sans cesse repoussé, prend des allures de randonnée maritime.
Je me sens soudain seul au monde. Alors je me met à rêver à toutes ces destinations que j'ai toujours aimé connaître, mais qui hélas reste pour l'instant des objectifs à atteindre. Le Kenya, l'Australie, l'Amérique du sud et celle du nord, le moyen orient...
Pourquoi Dieu, sommes nous si pauvres en Afrique? Pourquoi ne pouvons nous pas aussi facilement voyager comme les occidentaux, et charger notre mémoires de belles prises de vue, pour ensuite les raconter? Est ce nous qui avons assassiné le Christ, pour connaître tous ces affres et atrocités : la guerre, la pauvreté, la famine, les pandémies,..., et maintenant le mépris?
A mon rythme, avec une détermination digne d'un Marco Polo, je continuerai mon voyage. J'irai en Australie, et j'en reveindrai, pour ensuite repartir vers d'autres horizons.
Ces différentes expatriations, même brèves, sont pour moi d'intenses moments de connaissance, je ne le dirai jamais assez.
Le voyage ouvre l'esprit, et forge le caractère. celui qui a beaucoups vu, devient indestructible. Quelque soit les difficultés auxquellles il est confronté, il finit toujours par prendre de la hauteur, donc par se mettre au dessus. Le problème, que l'on voyait à l'instant grand devient du coups très petit.
Une lumière subliminale se dégage du disque solaire. Au fur et à mesure que nous avançons, j'ai l'intime conviction que Christophe Colombe fut un homme comblé.
Heureux celui qui est venu, Qui a vu, et qui a vaincu...

serydonatien